Conclusion
Un réseau soumis à de multiples contraines
Cette étude documente la vulnérabilité structurelle du réseau routier desservant le cluster olympique de Haute-Savoie. Traversant plusieurs vallées étroites entre Annecy et les sites des épreuves nordiques, il repose sur des axes structurants à faible redondance, dont les alternatives imposent des détours longs et coûteux. De plus, les conditions météorologiques hivernales exposent ces routes de montagne non seulement à de la neige et du verglas pouvant ralentir la circulation, mais aussi à des risques d'avalanches, de coulées de boue et de chutes d'arbres pouvant entraîner des fermetures temporaires voire prolongées. Ces aléas naturels s'ajoutent à un trafic endogène déjà dense, alimenté quotidiennement par les 12 000 habitants de la vallée, ainsi que par plusieurs centaines de poids lourds assurant l'approvisionnement des commerces locaux et des stations. En heure de pointe, certains tronçons majeurs connaissent des ralentissements significatifs, notamment à Thônes.
Les flux de trafic additionnels qu'engendreront l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises 2030 en Haute-Savoie viendront augmenter la pression sur ce réseau déjà mis à l'épreuve par la haute saison touristique hivernale, connue pour multiplier la population en présence de quatre à six fois ce qu'elle est en basse saison.
En compilant des données de trafic à plus fine maille, cette étude pourra être enrichie d'une analyse des flux au sein du graphe, notamment afin d'identifier les points de congestion les plus critiques, évaluer la solidité des itinéraires de substitution et de report de trafic, modéliser l'impact de différents scénarios météorologiques et d'accidents routiers, tester différentes configurations horaires d'épreuves de biathlon et de ski de fond, et ainsi mieux éclairer la mise en place d'une stratégie de mobilité pour la région dans le cadre des Jeux de 2030.